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À l'affiche par Patrick Saffar
today26/06/2026
Niels Schneider (Général Philippe Leclerc de Hauteclocque) ©2026 Pathé Films
★★★☆☆
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On se souvient peut-être que la première partie du diptyque d’Antonin Baudry consacré aux « années de guerre » du Général de Gaulle (De Gaulle. L’Âge de fer) se concluait par un évènement décisif, celui de l’assassinat du chef du gouvernement de Vichy, l’amiral Darlan, par un jeune résistant, le 24 décembre 1942 à Alger.
C’est précisément le successeur de Darlan, le Général Henri Giraud, devenu haut-commissaire en Afrique française, qui va constituer une part de l’enjeu des négociations et affrontements auxquels se consacre la seconde partie du diptyque, intitulée De Gaulle. J’écris ton nom, et qui couvre la période 1943-1944. Figure pour le moins louvoyante, « ce grand général qui s’est perdu dans la politique » (Antonin Baudry) a, aux yeux du Général de Gaulle, le tort de vouloir concentrer sur sa seule tête les pouvoirs politiques et militaires, tandis que, du côté des Américains, le Président Roosevelt semble préférer à l’ambitieux et solitaire de Gaulle, le profil quasi-fonctionnaire du pâle Giraud, interprété en creux par Thierry Lhermitte.


C’est dire que, davantage que la première partie, ce second volet possède un aspect de « film de chambre » où la richesse et la clarté des dialogues jouent une part essentielle à l’implication du spectateur. C’est également un « portrait de Général (de Gaulle) en stratège et en obsessionnel » que le film en vient à dresser, tant Simon Abkarian compose ici un homme de réflexion, de rumination (cartes à jouer posées devant lui), autant que d’action et que la symbolique des gestes (y compris pour soi-même – la cigarette allumée aux moments requis) y compte autant que le passage aux actes (la division blindée de Leclerc/Niels Schneider, sorte de bras armé de la volonté du Général de Gaulle). À cet égard, si Antonin Baudry n’est pas (encore ?) Joseph L. Mankiewicz (soit la parole qui se fait action), on suit avec un intérêt nourri ces joutes verbales dont on comprend peu à peu qu’elles ne sont autres que l’Histoire en marche, celle qui mènera à la Libération de Paris (août 44). C’est d’ailleurs cette impression d’inéluctable (malgré quelques détails laissés à l’inattention d’un personnage ou au hasard) qui peut gêner dans le film, en particulier dans la scène de passage à tabac de Jean Moulin (Félix Kysyl) par la Gestapo, traitée en montage parallèle, tel un moment d’une Histoire où se perdrait le sort individuel des héros de l’ombre. Si bien qu’à partir d’un certain stade, ce second volet donne un peu l’impression d’être lancé sur des rails, comme si le récit ne pouvait être que rétrospectif, menant droit à cette image iconique d’un de Gaulle faisant face à la foule en liesse lors de la Libération de Paris. Mais il est vrai qu’au préalable, Antonin Baudry aura fait résonner en voix off le poème de Paul Éluard (Liberté) qui donne son sous-titre à ce second volet (J’écris ton nom) et qu’à la fin, le spectateur ému n’a pu que rendre les armes.
Patrick Saffar



Bande-annonce (Pathé Films) : La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom (2026)
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Écrit par: CINEMUSIC Radio
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