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Josh O'Connor (James Blaine Mooney) - The Mastermind (2025) ©Film Science, MUBI, The Match Factory, Condor Films - Photo : Ryan Sweeney
★★★☆☆
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Accompagné par une superbe partition de jazz due au Chicago Underground Duo, le prologue du nouveau film de Kelly Reichardt nous transporte à l’intérieur d’un petit musée du Massachussets où les quatre membres d’une famille qui apparaît déjà quelque peu désunie semblent vaquer à l’inoccupation propre à bien des visiteurs. Un détail, toutefois, attire notre attention au moment où le père (Josh O’Connor) dérobe sans difficulté une figurine qu’il emporte avec lui à l’extérieur du bâtiment, non sans s’être lacé les chaussures sous le nez du gardien, comme pour mieux se dissocier du reste de la famille.

C’est le prélude à un cambriolage de plus grande envergure qui verra deux comparses accomplir pour le compte du père de famille, ancien menuisier désœuvré, le vol de quatre toiles du peintre abstrait Arthur Dove. Pour autant, The Mastermind n’est pas vraiment un film de casse, même revisité par Kelly Reichardt, qui préfère suivre la lente dérive du chef de bande après la débâcle du vol des tableaux.

Situé au début des années 70, The Mastermind pourrait plutôt se décrire comme un film dont on aurait gommé les moments « forts » (exceptée la charge policière finale, d’ailleurs assez dérisoire) ou bien comme un mobile de Calder dont on devinerait les motifs en fonction du vide les séparant. Quant au « sujet » de l’œuvre, on peut y voir tour à tour un discours sur la relativité de l’art (les tableaux dissimulés au-dessus d’une porcherie, sur fond de grognements) ou bien sur la déroute de la masculinité à travers le portrait de cet homme sans qualités plus ou moins décalé en cette époque « charnière » de l’histoire des États-Unis. Désireux de se donner un nouveau départ, il se retrouvera pris par une logique du fait accompli qui le transformera en spectateur mi-amusé, mi-consterné davantage qu’en maître de ses actes, le mastermind annoncé par le titre.
Bref, le dernier film de Kelly Reichardt, bien loin des récits « efficaces » ou démonstratifs, intrigue, et c’est bien là l’essentiel.


Bande-annonce (VOST FR) (Condor Films) : The Mastermind (2025)
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Écrit par: CINEMUSIC Radio
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